Réforme du ferroviaire français : une urgence et une nécessité
Réforme du ferroviaire français : une urgence et une nécessité

J’ai toujours défendu le service public ferroviaire français. Mais il est temps de regarder la réalité en face : c’est aujourd’hui un service public qui coûte de plus en plus cher et fonctionne de moins en moins bien. Le service rendu aux usagers, qui empruntent pour la majorité d’entre eux, les transports ferrés au quotidien, s’est considérablement détérioré. En cause : l’absence de stratégie globale du ferroviaire français depuis 30 ans et des choix politiques d’investissements qui ont privilégié les lignes à Grande Vitesse au réseau du quotidien.

Nombreux sont les pays européens qui ont fait cette réforme. Si la France la repousse depuis des années, il faut maintenant impérativement s’y atteler.

Ne nous y trompons pas, cette réforme n’a ni pour objet de privatiser la SNCF, ni de réduire les droits des cheminots qui, ne sont en aucun cas des « privilégiés ». En ce sens, la grève à laquelle nous assistons – et que je respecte en droit – n’apparait pas légitime. Elle l’est d’autant moins que les discussions entre le Gouvernement et les partenaires sociaux se poursuivent et se poursuivront pendant un mois encore. Si certains syndicats jouent le jeu de la concertation, d’autres, manifestent une opposition de principe, mettent en avant des revendications pourtant déjà satisfaites par les annonces de la Ministre des Transports, Elisabeth BORNE, et font de la grève un acte politique. La grève, pourtant, est un acte de dernier recours, qui intervient à l’issue des négociations. Pas avant, pas pendant. Les conséquences pour l’Etat (en termes de recettes budgétaires), mais avant tout pour les usagers sont terribles. Cette grève prend en otage des millions de Français qui ne demandent qu’une chose : pouvoir se rendre à leur travail. Je respecte les grévistes, mais je respecte aussi celles et ceux qui « galèrent » pour rejoindre leur lieu de travail et qui peut-être n’y parviendrons pas …

Oui la réforme est une nécessité, elle comporte trois chantiers prioritaires :

  • Le premier est l’investissement dans le réseau, pour améliorer les conditions de transport des usagers. Sans réseau en bon état, il n’y aura pas de trains à l’heure. Pour cela, une opération sans précédent de remise à niveau du réseau est lancée : 10M€/jour investis pendant 10 ans, soit une augmentation de 50% par rapport à la dernière décennie. Cet investissement est indispensable, et apportera des résolutions concrètes.

 

  • Le second est l’ouverture à la concurrence, pour plus de trains et de nouvelles offres. La concurrence sera positive pour les usagers, car plus d’offres entraînera de nouveaux services, et donc des prix réduits. L’ouverture de la mise en concurrence n’est pas une privatisation du service ferroviaire, comme nous l’avons entendu à plusieurs reprises : la SNCF restera une entreprise publique. Cette ouverture à la concurrence se fera de manière progressive : à partir de décembre 2019 pour les régions qui le souhaitent, avec un calendrier plus étalé pour l’Île de France en raison de la densité et de la complexité du réseau, et à partir de décembre 2020 pour les TGV. Le statut des cheminots n’est pas non plus le sujet : tous les cheminots qui sont aujourd’hui à la SNCF garderont leur statut. De plus, les garanties sociales apportées sont fortes : en cas de transfert d’un opérateur à un autre, les salariés conserveront leur niveau de rémunération. S’ils sont sous statut, ils conserveront leur régime de retraite et la garantie de l’emploi. C’est une véritable portabilité des droits, sans limite de durée, qui est ainsi organisée.

 

  • Le troisième chantier sera la réorganisation de la SNCF, absolument fondamentale. L’organisation de la SNCF est aujourd’hui trop rigide et cloisonnée : il n’y a pas une SNCF, il y en a trois. L’organisation sera revue pour en faire un seul groupe plus uni, qui pourra fonctionner. La SNCF deviendra une société à capitaux publics. Elle n’y aura pas de privatisation de la SNCF, ni même privatisation du réseau.

 

Je soutiens cette réforme qui va dans le bon sens, et me félicite du choix fait par le gouvernement d’être dans la concertation. Personne avant n’a eu le courage de la faire. Nous entamons cette semaine les débats parlementaires sur le texte Pour un nouveau pacte ferroviaire. Je salue les amendements du Gouvernement venus préciser les conditions d’ouverture à la concurrence et la clarification apportée sur la portabilité des droits des cheminots, renonçant ainsi au recours aux ordonnances.

Les débats se poursuivront dans l’hémicycle. Je défendrai une politique du ferroviaire tenant compte des impératifs de l’aménagement du territoire, parmi lesquels se placent en tête le désenclavement des territoires ruraux mais aussi un égal accès aux transports communs pour TOUS nos concitoyens.

Nous sommes déterminés à mener cette réforme. C’est avec les partenaires sociaux que nous voulons bâtir le ferroviaire français de demain. La porte est ouverte est la main est tendue.