Commémorations du Centenaire de la fin de la Grande Guerre, et de l’Armistice, 11 Novembre 1918 – 11 Novembre 2018
Commémorations du Centenaire de la fin de la Grande Guerre, et de l’Armistice, 11 Novembre 1918 – 11 Novembre 2018

« J’étais, ce Dimanche 11 novembre au matin, à Aulnay-sur-Mauldre, Breuil-Bois-Robert et Moisson-Mousseau-Méricourt pour nous rappeler. Nous rappeler et rendre hommage à ces héros tombés et dont le sacrifice a permis la paix sur le vieux continent et dans le monde.

À Bonnières-sur-Seine, nous avons défilé pour faire vivre la mémoire des poilus et de tous les soldats étrangers morts pour la France, leur pays et l’espoir d’un monde meilleur. Nous leur devons de lutter -sans relâche- pour la paix.

Merci aux nombreux jeunes de leur présence aujourd’hui lors du dépôt des gerbes, et de leur engagement aux côtés des plus anciens que nous sommes pour commémorer la fin de la Grande Guerre et faire vivre l’exigence d’une Europe unie.
Merci aux portes drapeaux et aux associations d’anciens combattants.

Un journée d’hommage ponctuée par un banquet républicain au centre culturel Louis Jouvet de Bonnières-sur-Seine, nourri d’échanges conviviaux et directs avec les élus et nos concitoyens.

Retrouvez ci-dessous les photos de cette journée et le discours que j’ai prononcé en ce jour de mémoire, de recueillement et de responsabilité car l’Histoire, celle des Morts, la notre, nous oblige. »

Bruno Milllienne, Député des Yvelines

 

« Il y a cent ans, la joie. La peine aussi. Mais avant tout, la joie, de voir s’achever le conflit le plus meurtrier que l’Europe, le monde, ait jamais connu sur une période si courte, 4 années, mais dans une vie, un quotidien, si longue, si éprouvante en réalité.

Près de 19 millions de morts, blessés et mutilés de guerre, civils et militaires, pour une guerre que l’on surnommera la « Grande Guerre » ou encore « la der des ders », or cette tragédie n’avait rien de « grand » et l’Histoire nous apprendra bien vite qu’elle était loin d’être la « dernière des dernières ».

Cents ans déjà que les alliés, meurtris, signaient avec l’adversaire ce qui devait être les conditions de la fin des conflits, et celles de la reconstruction à venir.
Mais chacun ici le sait, l’histoire « bégaye » parfois, tant l’homme oublie, souvent. La deuxième guerre mondiale éclatera en septembre 1939.

Le 11 novembre est l’occasion de rendre hommage, à ces hommes, ces femmes, ces enfants parfois, tombés pour la France ou tristes victimes collatérales de conflits qu’elles n’ont pas voulu, mais au cœur desquels l’Histoire les aura malgré tout entrainées.

« A nous le souvenir, à eux l’immortalité » nous intime le Souvenir Français.

Car oui, il faut se souvenir. 

Se souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour leurs compatriotes, nos aïeux, nos aînés, pour que la France soit, demeure, ce qu’elle est aujourd’hui encore, ce pays de Liberté, d’Égalité, de Fraternité.

Se souvenir que, plus que l’Histoire parée d’un grand « H » c’est l’Homme lui-même qui aura arraché à leurs familles ces millions d’hommes, femmes et enfants. 

Se souvenir enfin que rien, non rien, ne nous condamne à ce que l’Histoire soit une suite d’erreurs répétées, d’erreurs déjà commises par ceux qui nous ont précédé.

Se souvenir aussi que l’Histoire regorge de modèles desquels s’inspirer, de modèles capables des plus belles choses au nom d’un certain idéal humaniste, d’une certaine idée de la France et de sa place unique dans le concert des nations. Ils sont nombreux. Et à l’heure de la montée des nationalismes, qui n’ont rien à voir avec le patriotisme qui a animé tant de héros de la Nation, souvenons-nous de Monnet, souvenons de Schuman, de leur amour de la patrie et de ceux qui la composent sans distinction aucune. Souvenons de leur alliance fertile, du projet secret nourri par le premier d’une possible mise en commun du charbon et de l’acier. 

Souvenons-nous des mots de la déclaration prononcée le 9 mai 1950 par le second : « Pour que la paix puisse vraiment courir sa chance, il faut, d’abord, qu’il y ait une Europe ».

Leur objectif : l’union sans cesse plus étroite des peuples européens pour rendre impossible la guerre entre eux.

Les nationalismes qui se font jour sont tout le contraire de cela. Ils prospèrent sur le terreau fertile de la peur de l’autre, du repli sur soi et encouragent au rejet de l’autre.

Les récents événements de Pittsburgh, le populisme triomphant en Pologne, en Hongrie ou encore en Italie sont là pour nous le rappeler.

L’antisémitisme et le racisme renaissant nous prouve que l’histoire pourrait être sur le point de se répéter si nous n’y prenions garde. Or ce dont nous avons besoin, c’est précisément de davantage d’ouverture à l’autre, davantage d’entraide, de parfaire une union, une Europe dont on sait qu’elle est imparfaite, dont on sait qu’elle ne répond pas pleinement aux attentes, aux aspirations sociales et humanistes des citoyens européens, pourtant unis dans leur diversité. 

Cette Europe-là, celle à laquelle nous aspirons majoritairement, celle qui semble pour l’heure nous avoir été volée, celle dont on semble s’être détourné par un projet européen dévoyé au profit d’une ambition quasi-exclusivement mercantile, celle que ni les Etats-Unis, ni la Chine, ni la Russie ne veulent réellement voir émerger, ni même les grands acteurs économiques du numérique mus par l’avidité des profits qu’ils en tirent pourtant, c’est ENSEMBLE que nous pourrons la construire.

Alors en ce 11 novembre, souvenons-nous, recueillons-nous et soyons chaque jour à la hauteur de ces hommes et femmes, exemplaires. 
Au nom de leur sacrifice, de leur engagement, c’est le minimum que nous le leur devons.

A nous de faire perdurer le souvenir et d’assurer leur immortalité. »