« Dans 3 ans, nous serons sortis du glyphosate » : explication de vote de Bruno Millienne
« Dans 3 ans, nous serons sortis du glyphosate » : explication de vote de Bruno Millienne

« Ces derniers jours, en raison du rejet d’un amendement portant l’interdiction de l’utilisation du glyphosate en deuxième lecture de la loi EGALIM à l’Assemblée nationale, la polémique a refait surface.

Il convient alors de faire un point précis sur ce sujet sensible

D’abord, rappeler qu’au niveau européen, c’est grâce à l’action de ce gouvernement que l’Europe a été contrainte en 2017, de ramener le délais de l’interdiction totale du glyphosate de 15 ans à 5 ans.

C’est la majorité actuelle qui a mis le sujet sur la table, notamment en œuvrant activement au niveau européen afin que l’autorisation d’utilisation de cette molécule ne soit pas reconduite pour 10 ans mais 5 ans, faute de pouvoir la faire interdire par le Parlement européen pour le moment.

Nous avons souhaité que la France montre l’exemple en allant plus loin face à l’urgence de préserver notre planète et de nous protéger des risques sanitaires, réels, qu’entraine cette molécule en ramenant cette interdiction à 3 ans. C’est précisément cet engagement qui a été acté à l’occasion des débats sur la loi EGALIM (agriculture et alimentation:  http://agriculture.gouv.fr/egalim-lassemblee-nationale-vote-le-projet-de-loi-agriculture-et-alimentation).

Alors, pourquoi n’avons-nous pas inscrit une date dans la loi ?

Il faut comprendre que nous avons contractualisé – non sans effort – cette sortie du glyphosate avec le monde agricole. Nous faisons le choix de la négociation avec la filière professionnelle pour qu’elle propose le plan de sortie et les alternatives. Il faut savoir que cette sortie est d’ores et déjà possible pour 85% des cultures et que la profession en a engagé la transformation. Il reste donc 15% de notre production qui, à ce jour, ne peut pas techniquement se passer de ce produit, notamment l’agriculture dite de conservation.

Nous sommes engagés aux côtés de nos agriculteurs pour trouver la solution d’ici à 3 ans. Nous la trouverons.

Inscrire une date butoir dans la loi, sans travailler et sans accompagner la filière aurait été contreproductif.

En 2007, le Président Sarkozy avait lancé le plan Ecophyto pour diminuer l’usage des pesticides de moitié sur 10 ans. Quel en a été le résultat ? Leur utilisation a augmenté sur cette période. En 2007, la FNSEA n’avait présenté aucun plan de sortie des pesticides. Pour ce qui concerne le glyphosate, elle l’a fait sur notre impulsion car en 2021 au plus tard, nous avons pris l’engagement de le supprimer définitivement. Ses premiers contras de solutions (250; c’est un excellent début) sont déjà publiés.

C’est une victoire majeure.

Nous ne travaillons pas contre les agriculteurs mais avec eux. Si cette négociation devait échouer, une loi serait votée et supprimerait l’utilisation du glyphosate dans l’année 2021.

De plus, je rappelle que l’arrêt des nicotinoïdes et de leurs dérivés a été acté.  S’il y avait effectivement urgence à prononcer cette interdiction, cet arrêt devait s’accompagner d’un soutien à la filière betteravière. Ce soutien n’a pas été réalisé.  Aujourd’hui, les betteraviers respectent la loi et ont par conséquent bannis ces molécules, mais – en l’absence de solution alternative –  sont contraints de recourir à trois épandages de pesticides par récolte. Était-ce réellement le résultat escompté  ?

Pour permettre la pleine mobilisation des filières et un suivi en toute transparence par les parlementaires et les citoyens des progrès accomplis vers la sortie du glyphosate, le Gouvernement a annoncé :

–  La création d’un centre de ressource d’ici la fin de l’année pour rendre accessible à l’ensemble de la profession agricole les solutions existantes pour sortir du glyphosate.

– Le renforcement des actions d’accompagnement pour diffuser les solutions et trouver de nouvelles alternatives pour les usages pour lesquels il demeurerait des impasses.

– La mobilisation des réseaux territoriaux des chambres d’agriculture, et de l’enseignement agricole pour faire connaître et promouvoir les alternatives au glyphosate sur l’ensemble des territoires.

– Le suivi des quantités vendues et utilisées des produits contenant du glyphosate afin de faire toute la transparence sur les usages en publiant régulièrement les données et en les mettant à disposition du public.

– La valorisation de ce travail au niveau européen avec les pays volontaires pour s’engager comme la France dans une sortie rapide du glyphosate.

 

Le glyphosate sera interdit dans 3 ans en France. Cette interdiction sera ferme et définitive.

 

Ce projet de loi « EGA » comporte également de nombreuses avancées. Pourquoi ne pas en parler ?  Pourquoi ne pas se féliciter du vote de l’arrêt de l’utilisation du plastique dans nos écoles ?

Pour tout savoir sur les nombreuses avancées de ce texte : cliquez –ici. »

 

Bruno Millienne, Député des Yvelines