La réaction de Bruno Millienne à l’annonce du plan de Nicolas Hulot pour la biodiversité
La réaction de Bruno Millienne à l’annonce du plan de Nicolas Hulot pour la biodiversité

Je ne peux qu’être malheureusement d’accord avec les mots de Nicolas Hulot : la menace planant sur la biodiversité est « l’une de ces tragédies invisibles et silencieuses dont on s’accommode tous les jours ». Le mercredi 14 mars, 2018 WWF avait publié un rapport des plus alarmants, annonçant qu’une augmentation des températures moyennes de 2°C à l’échelle de la planète aurait pour conséquence la perte, pour un grand nombre d’écorégions prioritaires, d’une part importante des espèces [près de 25%] qui y vivent en raison d’un environnement qui deviendrait climatiquement inadapté ». De plus, si le réchauffement climatique s’avérait être supérieur à 2°C – fourchette haute retenu par les signataires de l’Accord de Paris – les conséquences pourraient être bien plus désastreuses encore. En effet, dans une hypothèse à +4,5°C, près de 50% des espèces qui peuplent actuellement les écorégions seraient menacées d’extinction d’ici 2080.  Outre cette érosion de la biodiversité, ces changements impacteraient des écosystèmes tout entier, qui apportent aujourd’hui un équilibre vital aux populations humaines. D’ici 2080, le réchauffement climatique pourrait donc menacer entre un quart et la moitié des espèces dans 33 régions du monde les plus riches en biodiversité.  Réduire l’exploitation et la consommation des énergies fossiles est une nécessité, et repenser en profondeur le modèle de consommation énergétique de nos sociétés contemporaines et le rapport de l’Homme à la nature une urgence.

Il nous fallait donc un plan d’action pour lutter contre cela. Un plan que Nicolas Hulot nous a présenté cet après-midi, à Marseille.

La France doit prendre sa part de responsabilité. Pour cela, il nous faut protéger les écosystèmes, arrêter d’empoisonner la nature et surtout arrêter l’artificialisation des sols (le plan prévoit zéro artificialisation nette en 2025). Ce plan pour la biodiversité doit donc s’attaquer à cette situation à travers plusieurs axes : développer la nature en ville, protéger les océans pour éviter la surexploitation ou encore limiter les pesticides qui détruisent certaines espèces.
J’ai toujours été très engagé pour la protection de la biodiversité, notamment de par ma présidence à l’Agence française pour la biodiversité d’Île-de-France. Je me félicite de l’annonce de ce plan, et attend de voir les mesures concrètes qui seront annoncées en juillet pour juger. Plus le temps de tergiverser, le temps est compté !