Lettre d’information de Janvier : l’édito de Bruno Millienne
Lettre d’information de Janvier : l’édito de Bruno Millienne

L’ÉDITO DE JANVIER

Chers amis,

L’année 2018 s’est achevée dans un climat morose, dans une ambiance générale délétère sur fond de violences malheureusement devenues régulières et pour certains habituelles.
L’Etat de fracturation de notre pays – résultat de quarante années d’immobilisme ou dans le meilleur des cas de réformettes semblables à la pose d’un pansement sur une jambe de bois – est néanmoins bien réel. La France, à l’image de nombre de démocraties occidentales, est plongée dans une crise sociale, économique et démocratique.

Des digues sont tombées en cette année 2018. Aux attentes, inquiétudes et colères souvent légitimes, se sont parfois – trop souvent – substituées des scènes d’insurrections insupportables : violences verbales et physiques, intimidations, appels à la haine et remise en cause de principes fondateurs de notre République comme le respect de nos institutions, de la loi et de ses représentants et de la démocratie représentative.

Au-delà des convictions et des idées politiques, qui peuvent et doivent faire apparaitre nos désaccords car c’est cela la démocratie de débat, nous ne pouvons accepter le moindre recul de la République. L’autorité de l’Etat doit être réaffirmée.

C’est précisément pour cette raison que j’ai déposé plainte quand j’ai trouvé, un matin de janvier, ma permanence parlementaire de Maule vandalisée. Je remercie toutes celles et ceux, élus et citoyens, qui m’ont apporté et affirmé haut et fort leur soutien. Nous ne pouvons banaliser ces actes. J’ai toujours privilégié l’écoute et le dialogue, notamment avec les agriculteurs. Ma porte sera toujours ouverte, nul besoin de la forcer. A cet effet, j’ai proposé à leurs représentants de nous rencontrer régulièrement pour avancer ensemble sur les sujets qui sont les leurs.

L’année 2019 reprend là où nous avons laissé 2018. A deux différences près :

Sous l’impulsion du Président de la République, nous avons, Assemblée Nationale et Sénat, avec le Gouvernement, pris des mesures économiques et sociales d’urgence pour permettre au pays de retrouver sérénité et apaisement.

Surtout, nous proposons à tous les Français d’avancer ensemble. Le Grand Débat National qu’a ouvert le Président de la République est un exercice démocratique inédit que nous devons prendre comme une chance unique et collective de bâtir un nouveau pacte social, un nouveau contrat de confiance pour la nation. Aucun sujet ne doit être tabou. Cette grande consultation nationale et citoyenne, si elle n’a pas vocation à remettre en cause le projet pour lequel nos compatriotes ont élu le Président de la République et sa majorité, devra impérativement donner lieu à une réponse politique. Nous avons l’impérieuse obligation de répondre rapidement aux préoccupations les plus prégnantes qui remonteront du terrain. Pour certaines, avec une forme d’urgence, pour réconcilier le pays avec lui-même. Pour les autres, il nous faudra engager une réflexion sur le long terme.

C’est bien du terrain, dans nos communes, au plus près de nos concitoyens et au cœur même de notre République que se fera ce grand débat. Je remercie les maires, et notamment ceux de l’Association des Maires Ruraux, qui ont spontanément – après les cahiers de doléances – proposé d’ouvrir leurs salles des fêtes pour faire vivre la démocratie locale. Loin des postures de certaines « grandes » associations d’élus, les maires ruraux ont décidé de faire passer l’intérêt du pays avant tout.
L’AMR78 propose donc, avec mon soutien plein et entier, plus d’une quinzaine de réunions publiques dans nos communes et villages du nord-ouest du département. Je tacherai d’être présent à un maximum de ces débats avec pour seule ligne de conduite : écouter !

Cette volonté d’expression de nos concitoyens, de simple besoin de faire part de leurs contributions, doléances et inquiétudes parfois, je la ressens chaque jour sur le terrain. J’ai pu largement l’évoquer, à l’occasion du dit « marathon des vœux », avec les maires de la circonscription. Vœux qui, par ailleurs, sont toujours un moment de partage, d’échanges précieux pour moi.

2019 sera donc une année couperet. Soit nous réussissons ensemble, soit nous échouons, par péché d’orgueil à nous remettre en cause, et nous pourrons alors voir notre pays– pas plus tard qu’aux prochaines élections européennes – prendre un chemin qui nous plongerait vers le chaos.

2019 sera, justement, l’année de l’Europe. Je la défendrai sur le terrain avec énergie. Je défendrai une Europe des libertés, plus juste et solidaire, plus démocratique. Une Europe qui protège.

2019 doit être l’année de l’espoir. Rappelons-nous qu’il n’est de réussite que collective.

Au Palais Bourbon, et vous le verrez par cette lettre d’information, nous poursuivons les réformes : celle de la Justice, celle du renforcement de notre arsenal juridique pour lutter contre les violences dans les manifestations, et celle pour accompagner – encore et toujours – nos territoires, via notamment deux textes sur lesquels je suis personnellement investi : la création d’une Agence Nationale de la Cohésion des Territoires et la Loi d’orientation des mobilités (LOM).

Ce dernier projet de loi ambitionne de s’attaquer à la question des transports du quotidien pour les rendre plus fiables, plus nombreux, plus divers. C’est pourquoi, avant même que ce texte n’arrive en lecture à l’Assemblée (horizon mai-juin 2019), j’ai débuté mes premières auditions informelles avec les acteurs du secteur tant en Ile-de-France où la question se pose avec une acuité toute particulière, que ceux œuvrant sur l’ensemble du territoire notamment en milieu rural. Je poursuivrai ces auditions tout au long des mois à venir pour assurer que ce projet de loi soit à la hauteur des besoins des Français mais également des nombreux touristes qui visitent notre beau pays.

Je vous souhaite une excellente lecture de cette première lettre d’information de l’année.

Retrouvez-la dans son intégralité ici

Bruno MILLLIENNE

Député des Yvelines
Conseiller régional d’Ile-de-France