Lettre d’information du mois de mars – l’Édito de Bruno Millienne
Lettre d’information du mois de mars – l’Édito de Bruno Millienne

L’ÉDITO DE MARS

« Chers amis,

Les mois de Février et Mars s’achèvent et nous laissent avec des sentiments partagés, paradoxaux, contradictoires même.

            Un sentiment de lassitude teinté de révolte, d’abord, de devoir, pour nombre de concitoyens, aborder chaque samedi la peur au ventre, avec la crainte que des manifestations sociales – qui n’en sont probablement plus vraiment – soient gangrenées par la violence et la haine d’une minorité prenant nos commerçants, nos forces de l’ordre, l’ensemble des Français, en otage depuis 20 semaines déjà.  Je pense à toutes celles et ceux qui ont vu leur outil de travail détérioré, leur quotidien bouleversé. Face à ceux qui cassent et brûlent le fruit de longues années de labeur et attaquent les symboles de notre République, l’Etat se doit de répondre avec la plus grande fermeté, sans jamais reculer. Le Gouvernement l’a compris.

            Un sentiment alliant satisfaction et espoir, ensuite, de constater que ce qui était présenté comme une initiative inutile, qui n’intéresserait pas les Français, aura finalement été un franc succès. Plus d’un million et demi de Français se sont exprimés et plusieurs dizaines de milliers de réunions se sont tenues sur l’ensemble du territoire national, dont plus de 200 dans les Yvelines. Le Grand Débat National, souhaité par le Président de la République, est un exercice de démocratie et de participation inédit, qui, en revenant à l’essence même de la politique – le terrain, la proximité et les Français – a apporté un vent de fraicheur, de modernité sur notre façon de concevoir les relations entre élus et citoyens. Cette dynamique, il nous faudra la poursuivre et l’ancrer durablement dans le quinquennat, et au-delà.

Nous abordons aujourd’hui une étape fondamentale, celle de la restitution fidèle de la parole des Français. Avec le Grand Débat, notre rôle premier, à nous parlementaires, était d’entendre, d’écouter et de comprendre les demandes, les attentes et les colères quelquefois, qui se sont exprimées ; les propositions aussi. D’entendre aussi celles et ceux qui n’ont pas pu, pas voulu participer. Je pense aux habitants de banlieues, aux plus faibles d’entre nous aussi, ou bien encore à notre jeunesse, qui s’est néanmoins distinguée dans la rue – et dans le calme – à l’occasion de la marche mondiale pour le Climat. Preuve que la jeunesse de France est à la fois concernée, mobilisée et sereine dans son engagement.

Le Grand Débat, j’ai souhaité m’en saisir pour prendre le temps d’écouter les habitants de ma circonscription. En participant à plus de 15 réunions organisées par les maires du territoire, j’ai pu m’imprégner des revendications – bien que parfois contradictoires – de nos concitoyens. Les différentes synthèses réalisées en attestent, ce qui prédomine, c’est le besoin de renouer avec une véritable justice fiscale et sociale, de régénérer la politique en accordant une place plus importante au citoyen dans le processus démocratique local et national, d’en finir avec ce sentiment de relégation, et enfin de s’attaquer réellement à la fracture territoriale qui, qu’on vive en milieu rural ou en banlieue, est une réalité. Nul doute que nous devrons trouver le moyen de recréer une économie locale dans ces territoires délaissés. Je crois aux énergies vertes, à l’économie circulaire, sociale et solidaire pour redonner vie à nos quartiers et à nos villages. Je porterai des propositions en ce sens.

Le Président de la République, le Gouvernement et le Parlement entrent désormais, en ce mois d’avril, dans une période de restitution qui sera suivie d’annonces concrètes, d’actions.

 

Alors, bien-sûr, cette grande consultation nationale n’a pas mis sur pause la vie du Parlement. Nous poursuivons les réformes.

            Nous avons adopté la proposition de loi rebaptisée par la presse « loi anticasseurs » , afin de donner les moyens juridiques d’encadrer les manifestations et de prévenir les débordements. 

            Nous avons adopté la loi pour une École de la Confiance qui met en place plusieurs dispositions visant à redéfinir le champ des libertés pédagogiques, tout en garantissant une certaine universalité des enseignements. En savoir plus ici

            Nous avons adopté la proposition de loi visant à la création de l’Agence nationale de cohésion des territoires, portée par la Ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault. Un texte qui crée un guichet unique pour les collectivités locales, notamment les plus petites, afin de leur garantir des capacités ingénierie pour différents projets sur les territoires, si elles en expriment le besoin. Une agence qui regroupera, dans une logique de rationalisation, trois structures déjà existantes : L’agence du numérique, une partie du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) et l’Établissement public national d’aménagement et de restructuration des espaces commerciaux et artisanaux (EPARECA).

            Nous avons débuté la 2ème lecture du projet de loi Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises (PACTE).

            Nous avons enfin, voté en première lecture le projet de loi Santé. La désertification médicale est l’une des principales préoccupations des Français. Nous l’avons constaté, à nouveau, dans le cadre du Grand débat national. En réformant les études médicales, le numerus clausus, en incitant à l’installation des jeunes médecins dans les zones désertifiées, sans les contraindre, mais aussi en développant et en structurant mieux les collectifs de soins de proximité, ce projet de loi apporte des réponses concrètes, de court comme de long terme. Ce texte réorganise en profondeur notre système de santé et permettra notamment la labellisation d’hôpitaux de proximité, passerelles entre la médecine libérale et la médecine hospitalière et une mixité d’exercice par un décloisonnement public/privé. La mise en place d’outils numériques de télémédecine, au service de la relation humaine soignant-patient en sort développée, tout comme l’utilisation des données de santé au service de l’épidémiologie, de la prévention, du diagnostic, de la recherche et bientôt d’une médecine prédictive.

A l’international, évidemment, nous gardons un œil attentif et préoccupé sur les négociations au Parlement Britannique et les conséquences qu’elles pourraient avoir sur l’Union Européenne à l’aube d’élections cruciales pour son avenir.

Pour ma part, en parallèle des auditions que je mène depuis un mois en ma qualité de rapporteur sur le projet de loi d’orientation des mobilités, j’entame plusieurs visites et rendez-vous dans le cadre du projet de loi économie circulaire à venir, comme à Bonnières-sur-Seine, récemment, où j’ai pu découvrir le savoir-faire de l’entreprise APR2, professionnelle du recyclage et actrice de l’économie sociale et solidaire.

 

Défendre vos intérêts au quotidien, à l’Assemblée nationale, et faire réussir avec vous notre territoire, telles sont mes priorités.

Il me reste à vous souhaiter une agréable lecture de cette nouvelle lettre d’information. »

 

 

Bruno MILLIENNE

Député des Yvelines

Conseiller régional d’Ile-de-France