Lettre d’information (juin-juillet) : travail de terrain, élaboration de la loi, affaire Benalla, réforme constitutionnelle : l’Edito de Bruno Millienne
Lettre d’information (juin-juillet) : travail de terrain, élaboration de la loi, affaire Benalla, réforme constitutionnelle : l’Edito de Bruno Millienne

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L’ÉDITO de Bruno MILLIENNE

 

Les mois de juin et juillet arrivent à leur terme. Deux mois de travail parlementaire, aussi bien à l’Assemblée nationale qu’en circonscription, rythmés par l’examen de textes importants pour le pays et d’évènements majeurs sur le terrain.

Alors que nous venons d’adopter le projet de loi « Liberté de choisir son avenir professionnel » qui vient réformer l’assurance chômage, la formation professionnelle et l’apprentissage, nous discutons à cette heure – et avant de clore nos travaux qui reprendront à la fin août – le projet de loi pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie, en nouvelle lecture, sur lequel mon groupe parlementaire défendra une ligne ferme et humaniste. Nous proposons, en guise d’exemple, un amendement subordonnant la tarification sociale pour les transports à la régularité du séjour de l’étranger, et défendrons une meilleure considération des droits des requérants, notamment des personnes – mineures parfois – placées en rétention administrative.

Nous reprenons également en commission les discussions sur le texte issu des états généraux de l’alimentation.

Nouveau membre de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation de notre assemblée, ces deux derniers mois ont été marqués par des auditions instructives et un travail transpartisan efficace nous ayant permis d’aborder les récentes Conférences Nationales des Territoires avec des propositions précises sur la refonte de la fiscalité locale à venir.

En circonscription, au-delà de mes déplacements et des dossiers sur lesquels mes équipes et moi-même travaillons au quotidien avec les élus, associations et habitants du territoire, les manifestations des 18 juin et 14 juillet – et bien évidemment la victoire des bleus ! – furent l’occasion de partager des moments d’hommages et de festivités au plus près de mes concitoyens.

 

Malheureusement, ce qui aurait dû être le grand chantier de ces dernières semaines, réforme tant attendue par les Français, n’a pu – à ce stade – être mené à son terme.

Ce qu’il s’est passé entre les murs de l’une des nobles institutions de notre République ces derniers jours est tout simplement scandaleux. Alors que nous devions discuter des moyens de rendre notre démocratie, notre République, enfin, plus représentative, plus responsable et plus efficace, au service de l’ensemble de nos concitoyens, certains ont fait le choix du boycott, de l’abus, de l’instrumentalisation à des fins partisanes, en bref de l’indignité à notre fonction.

Je ne dis pas que l’affaire dite « Benalla », qui nous émeut tous, ne soit pas un scandale. Mais elle n’est en aucune circonstance un scandale d’État. J’entends bien la place qui est la mienne et l’exigence que nous devons avoir à demander des comptes au Gouvernement, mais je ne cautionnerai jamais l’excessivité de certains comportements.

C’est la simple et regrettable histoire d’un homme auquel la confiance présidentielle comme celle d’autres avant lui a été accordée sans qu’il eût été possible par le passé d’avoir à le regretter à quelques exceptions près que l’on apprend opportunément aujourd’hui.

C’est l’histoire d’un homme qui, jouissant de la confiance des autorités, s’est vu confier des responsabilités à leurs côtés. C’est l’histoire d’un homme qui, grisé par ces responsabilités, grisé par ce succès, grisé par sa proximité du pouvoir, s’est égaré, dangereusement égaré, jusqu’à croire à l’impunité de ses actes.

C’est l’histoire d’un homme qui, demain, après être passé par la cellule de dégrisement des médias et de la vox populi constatera et réalisera, si nous laissons à la Justice la chance d’agir sereinement et en confiance, que les prérogatives qui lui étaient données, celles-là mêmes qu’il a outrepassées ce triste 1er mai 2018 en particulier, l’obligeaient plus qu’elles ne lui réservaient de privilèges. C’est l’histoire d’un homme qui, par l’exemple de la sanction qui pourrait lui être infligée, au vu de la gravité des faits qui lui sont reprochés, sera le message adressé à tous, femmes, hommes, enfants, nés libres et égaux dans notre République, ce message visant à dire à chacun de ceux qui sont aux responsabilités, qu’ils ne peuvent pas, qu’ils ne devraient pas, se comporter autrement que la charge de leurs fonctions l’exige.

Par respect pour nos institutions, par respect pour notre fonction, par respect pour les citoyens que nous représentons, laissons la justice, l’administration (via l’instruction de l’IGPN), le parlement (via les commissions d’enquêtes de l’Assemblée nationale et du Sénat) agir.

Pour conclure, je regrette que nous ayons à renvoyer l’examen de la réforme constitutionnelle – si importante ! – à la rentrée de septembre en raison du blocage imposée par des oppositions caricaturales, croyant opportun de répondre par une motion de censure au débat démocratique d’idées que nous menions jusqu’alors sur un texte dont elles n’ont jamais voulu.

Un gout amer, d’inachevé – sous forme de prise d’otage de notre institution vient donc conclure cette première année de mandature. Une année riche en travail collectif et personnel – comme le relate le classement du Parisien – au service de nos compatriotes.

A la rentrée, les réformes reprendront de plus belle car c’est le mandat que les Français nous ont confié, c’est ce qu’ils attendent de nous. Leur confiance nous oblige. Nous – le Président de la République, le Gouvernement, les parlementaires – répondrons présents.

 

Bruno MILLIENNE, Député des Yvelines

Vice-Président du Groupe MoDem et apparentés

 

 

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