Lettre d’information octobre – novembre : l’édito de Bruno Millienne
Lettre d’information octobre – novembre : l’édito de Bruno Millienne

« Il m’est difficile de revenir sur mon actualité de ces deux derniers mois, à l’Assemblée nationale comme en circonscription, sans m’exprimer prioritairement et plus longuement sur l’actualité sociale et politique qui bouleverse notre pays. J’écris cet édito empreint de sentiments divers et confus.

Je ne crois pas, en démocratie, à la violence pour faire avancer quelque cause.

Je ne crois pas que le mouvement originel des gilets jaunes soit celui de cette violence qui s’est exprimée le samedi 1er décembre. Mais en tout état de cause, une chose est sûre, c’est que s’est agrégée à la colère légitime exprimée, la fureur de groupuscules animés par une seule ambition : porter atteinte à l’autorité de l’État et instaurer le règne du chaos.

Je crois indispensable que les violences qui ont émaillé notre pays soient fermement condamnées par ces gilets jaunes originels. Ils n’ont plus rien à voir avec le mouvement extrémiste dans son action que les Français ont vu à l’œuvre.

Je crois que, nous, responsables politiques de tous bords, devrions également condamner ces violences sans arrières pensées partisanes, tant ce qui a été attaqué en ce samedi noir, ce n’est ni tel ou tel parti politique, ni tel ou tel élu, ni tel ou tel responsable politique, mais c’est la République dans son intégralité.

Je veux dire mon écœurement et redire ma détermination à faire en sorte que les groupuscules qui ont sévi en ce triste samedi ne triomphent jamais.

L’incitation à l’agitation, à l’insurrection, de certains de mes collègues est impardonnable. Ils n’ont pour seule ambition que celle de rejouer une élection perdue, manipulant la colère de nos concitoyens, et allant pour accomplir leur dessein jusqu’à faire de ceux-ci, la chair à canon qui paiera seule le prix des violences auxquelles ils auront été incités.

La voie de la concorde nationale est la seule qui puisse nous permettre d’apaiser les tensions, de réconcilier le peuple, d’avancer et il est de la responsabilité de l’ensemble des acteurs politiques de s’y engager.

L’autorité de l’État doit être réaffirmée, des solutions concrètes aux difficultés quotidiennes des Français rapidement trouvées.

L’urgence est double.

Elle est à la désescalade, au retour au calme et à l’affirmation de l’État de droit protecteur de tous les citoyens dont il a la charge.
Elle est aussi à une sortie de crise. Sortir par le haut – collectivement et par le dialogue – de cette situation implique une réponse humaine et politique.
Ces deux impératifs doivent être menés de front, en même temps. Sans cela, ni l’ordre, ni la justice sociale, ni la démocratie ne pourront triompher.

Alors oui, difficile après ces mots de revenir sur des sujets qui pourront paraitre peut-être secondaires. Mais relevons ce défi, car ils ne sont pas dépourvus de lien avec les évènements qui retiennent notre attention aujourd’hui.

Par cette lettre d’information, il vous apparaitra que je continue à accorder une place prépondérante de mon mandat au terrain, à la proximité, l’écoute et l’échange avec les élus locaux et nos concitoyens. Je poursuis nos réunions trimestrielles avec les maires de la circonscription, mes déplacements et rendez-vous au cœur du quotidien des habitants de nos villes et villages, la célébration de moments républicains, fédérateurs et pacificateurs, comme les commémorations du 11 novembre et le centenaire de l’Armistice.

Du côté de l’Assemblée nationale, le travail parlementaire se poursuit également. Mon groupe, le MoDem, a apporté en première lecture son soutien au projet de loi de finances pour 2019. Il traduit en termes budgétaires, les grandes ambitions portées par le Président de la République et la majorité. L’ambition que la France s’engage dans la transition écologique. L’ambition qu’elle devienne un modèle de développement équilibré alliant dynamisme entrepreneurial et responsabilité sociétale. L’ambition, enfin, qu’elle retrouve toute sa voix en Europe.

Nous soutenons ce budget au moment même où à travers le pays s’exprime toutes les colères accumulées contre un Etat qui n’inspire plus confiance. Les Françaises et les Français nous exhortent à décider, à voter, avec le même niveau d’exigence qu’ils s’imposent dans leurs familles et dans leurs entreprises. Une exigence de justice d’abord : personne ne doit être laissé au bord du chemin, et personne ne doit échapper à ses obligations fiscales. Un exigence d’efficacité, aussi : cessons de prélever des charges sur le travail si nous voulons faire reculer le chômage, cessons de reconduire des politiques publiques quand tous les travaux d’évaluation démontrent qu’elles sont inefficaces. Aussi, grâce à la suppression de 22 taxes à faible rendement, les carcans qui brident le développement des entreprises et la création d’emploi seront brisés.

Je me félicite que l’Assemblée ait adopté mes amendements qui verdiront un peu plus encore notre fiscalité. Je pense notamment à l’exclusion de l’huile de palme de la minoration du prélèvement supplémentaire de taxe générale sur les activités polluantes.

A l’agenda parlementaire, figure aussi la réforme de la Justice. La justice fait face, dans notre pays, à de trop nombreux dysfonctionnements, et souffre d’un déficit d’investissement récurent. La surpopulation carcérale est également critique, puisque près de 70 000 détenus sont écroués, alors que la capacité des établissements pénitentiaires est de 58 000 places.
Pour répondre à cette situation, nous engageons une réforme de la justice qui vise à la moderniser en en renforçant l’accessibilité pour tous les citoyens ; en améliorant le quotidien des professionnels du droit et de la justice ; en en renforçant l’efficacité de la procédure pénale et de l’exécution des peines.

Enfin, et j’aurai l’occasion d’y revenir dans une prochaine lettre d’information, je me mobilise personnellement sur trois textes : la fusion de l’Agence Française de la Biodiversité et de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage actuellement en débat, la création d’une Agence Nationale de la Cohésion des Territoires qui sera discutée en févier, et la Loi d’orientation des mobilités dite « LOM » pour laquelle je serai rapporteur sur sa partie « gouvernance ».

Mon engagement au service de nos concitoyens reste entier et intact. Nous sommes à un tournant. Il n’est de réussite que collective. Soyons – ensemble – à la hauteur. »

Retrouvez l’intégralité de la Lettre d’information

Bruno MILLLIENNE

Député des Yvelines
Vice-Président du Groupe MoDem et apparentés