Présentation des conclusions de la mission d’information sur les agrocarburants
Présentation des conclusions de la mission d’information sur les agrocarburants

Mercredi 22 janvier, la Commission du développement durable se réunissait pour entendre les conclusions des rapporteurs sur la mission d’information sur les agrocarburants.

Une mission à laquelle Bruno MILLIENNE a participé.

Retrouvez l’intervention prononcée par le député des Yvelines

 

« Merci Madame la Présidente.

Je tiens tout d’abord à remercier Monsieur Stéphane DEMILLY pour son propos introductif et à féliciter nos deux co-rapporteurs pour leur rapport très intéressant. Cette mission a permis de réaliser un état des lieux précieux sur les biocarburants et surtout de montrer leurs atouts par rapport aux carburants classiques.

Le groupe MoDem et apparentés a tenté, tout au long de l’examen du projet de loi d’orientation des mobilités, de promouvoir un réel mix énergétique. Pour ce faire, nous avons demandé que la décarbonation du secteur des transports prenne en compte le bilan carbone produit par le carburant pendant son cycle de vie afin de ne pas, uniquement, baser la transition énergétique sur l’électrique.

Ce bilan carbone permettrait de prendre en compte l’ensemble des carburants alternatifs, dont les biocarburants font partie. Et les avantages seraient nombreux :

  • Ils nous permettraient, sans nous rendre totalement dépendants d’un seul secteur, la réduction de nos émissions de nos gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques tout en variant l’utilisation des énergies.
  • Le développement des biocarburants a également l’avantage de proposer des véhicules dont les carburants sont abordables en termes de prix et qui permettent une grande autonomie. Avantages qui sont particulièrement importants dans les zones rurales.
  • Aussi, le biodiésel et le bioéthanol sont issus de filières pourvoyeuses d’emplois.
  • Enfin, la production de biocarburants constitue un débouché important pour certaines productions agricoles comme le colza ou la betterave.

Toutefois, nous avons constaté, durant nos travaux, que le développement de cette nouvelle forme d’énergie se heurte à plusieurs difficultés. La plus grande d’entre elles étant le déploiement de biocarburants de nouvelle génération.

Seule la première génération de biocarburants a atteint le stade industriel ; la deuxième repose sur des technologies matures mais n’a pas encore atteint un niveau de développement suffisant, quand la troisième n’est encore qu’au stade de la recherche.

Les freins à lever sont essentiellement de nature technologique et économique.

Le principal constat dressé par la mission d’information est que les constructeurs automobiles sont extrêmement peu ambitieux dans le domaine des carburants alternatifs. Ma question est donc la suivante : comment les inciter à construire des véhicules utilisant ce type de carburant ?

Aussi, la LOM a acté la décarbonation des transports en 2040 qui pose ainsi la fin des véhicules thermiques. Comment convaincre les constructeurs de se tourner quand même vers le développement des biocarburants pour les poids lourds, l’aérien ou encore le maritime ? Les biocarburants sont en effet l’une des rares solutions immédiatement disponibles de décarbonation des transports et il est indispensable de développer ce carburant alternatif.

Enfin, des volumes conséquents d’investissements devront être mobilisés pour développer et pérenniser ces filières. Que préconisez-vous dans ce domaine ?

Je vous remercie. »