Question au Gouvernement sur l’importation d’huile de palme, principale responsable de la déforestation
Question au Gouvernement sur l’importation d’huile de palme, principale responsable de la déforestation

Lors des questions d’actualité au Gouvernement du 29 mai, j’ai interpellé Brune Poirson,  secrétaire d’Etat auprès du ministre d’État, Ministre de la transition écologique et solidaire sur la mise en service de la bioraffinerie de la Mède, augmentant l’importation d’huile de palme. C’était une question importante posée au Gouvernement, sur laquelle je reste mobilisé.

Le texte de ma question est à retrouver ci-dessous :

« Merci Monsieur le Président.

Monsieur le Ministre de la Transition écologique et solidaire,

Le groupe pétrolier français Total compte mettre en service la bioraffinerie de la Mède, dans les Bouches-du-Rhône, à l’été 2018. Elle sera en mesure de traiter 650 000 tonnes d’intrants pour produire 500 000 tonnes par an de biodiesel, véritable alternative aux carburants d’origine fossile. Dans un communiqué en date du 16 mai dernier, Total a fait savoir que sa bioraffinerie s’approvisionnera « à hauteur de 60 à 70% d’huiles végétales brutes d’origines aussi diverses que le colza, le tournesol, le soja, ou la palme ».

Pour les associations environnementales, les agriculteurs, les représentants syndicaux du monde agricole … cette annonce soulève des inquiétudes légitimes. L’approvisionnement en huile de palme entraîne une déforestation qui, je le rappelle, représente plus de 10% des émissions de gaz à effet de serres mondiales, fragilise l’écosystème, la biodiversité et affecte aussi les populations locales !

Si Total s’est engagé à se fournir en huiles de palme « labellisées », ces systèmes de certifications sont toutefois jugés insuffisants par les ONG et les industriels. Ce projet ferait bondir les importations françaises d’huiles de palme de 64%. Comment, oserions-nous nous poser en leader mondial de la cause environnementale et – en même temps – favoriser de telles importations ?

L’huile de palme, avec le soja et le cacao, sont les trois produits importés qui concourent le plus à la déforestation. Si nous sommes en train de résoudre le problème du soja en France, l’huile de palme reste un problème majeur. Alors que nous pourrions aisément nous en passer ! Notamment grâce au colza ! Nos agriculteurs sont prêts à fournir la matière végétale nécessaire pour les biocarburants et la biomasse.

Le Parlement européen a adopté en janvier dernier la suppression progressive de l’huile de palme dans les biocarburants d’ici 2021 ce qui témoigne d’une véritable volonté politique. Nous devons lui emboiter le pas. L’idée d’une taxe additionnelle sur l’huile de palme est une piste à réétudier.

Monsieur le Ministre, comment la France compte-t-elle réaffirmer sa lutte contre la déforestation ? Quelles actions entendez-vous mener pour rassurer nos concitoyens et réaffirmer la position qui est celle de la France sur l’urgence de tenir l’impératif environnemental fixé par les accords de Paris ?

Je vous remercie. »