Audition de Didier Guillaume, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
Audition de Didier Guillaume, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

La Commission du développement durable auditionnait, ce mardi 19 mars, Didier GUILLAUME, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.

L’intervention et les questions de Bruno MILLIENNE sont à retrouver ci-dessous.

Pour retrouver les réponses du Ministre et l’intégralité des débats Cliquez ICI

 

« Monsieur le Ministre,

Merci pour votre présence devant notre Commission aujourd’hui. Je crois utile, même dans les temps où nous n’avons pas à légiférer sur un projet de loi, que les membres du gouvernement puissent venir devant la représentation nationale pour dialoguer avec les parlementaires. Cela permet à la fois de prendre du recul et faire le bilan des mesures déjà adoptées, et – si besoin est – de nous interroger collectivement sur ce qui peut être amélioré, adapté, ce qu’il reste à faire.

La Loi EGALIM a apporté des avancées, nous le savons. Elle fut le fruit d’une très large consultation, avec les Etats Généraux de l’Alimentation, qui ont été un franc succès. Cette mise en relations des acteurs de l’agro-alimentaire et de l’agro-industrie, entre eux et avec les pouvoirs publics était quelque chose d’inédit. A l’image du Grand débat national, je crois opportun et même indispensable de poursuivre, après l’échéance, le dialogue et la coconstruction.

Pour le Groupe Mouvement Démocrate et Apparentés, j’aurais quelques petites questions M. le Ministre :

D’abord, il n’est de secret pour personne que la société française – et là encore nous en avons eu la confirmation à l’occasion du Grand débat – aspire à une transition écologique qui englobe tous les pans de l’agriculture et de l’alimentation. Les Français sont en demande d’une agriculture raisonnée, pour nos terres et l’environnement, plus durable, de qualité et saine. Cette dynamique qui est en marche ne s’arrêtera pas c’est tant mieux. Nous avons alors une double responsabilité : répondre à cette demande, parfois en l’encourageant avec force par la loi, et accompagner nos paysans et l’entièreté du monde agricole qui se prépare à cette mutation du modèle agricole français et je l’espère européen.

Sur l’accompagnement à la conversion en bio, où en sommes-nous des retards de versements des aides qui ont été constatées ? Si l’accompagnement à l’installation sera bien de 5 ans et non 3, ce qui est rassurant, quelles mesures complémentaires pourraient être mises en œuvre pour accompagner l’agriculture bio, de circuits courts, et notamment sur un aspect technique en soutenant les agroéquipements ?

Autre sujet, la PAC, évidemment, et les négociations en cours, pour une refonte en 2020. A l’heure des incertitudes que l’on connait avec le BREXIT, après quelques provocations en 2018 de la Commission européenne sur son budget, pouvez-vous nous rassurer et nous dresser un bref état des lieux ?

Dernières questions M. le Ministre :

La RPD. Il est vrai que certaines exploitations se retrouvent dans une situation intenable. Je sais que vous êtes sensibilisé à cela ; peut-on imaginer quelques ajustements pour les plus fragiles ?

Sur la contractualisation, vous connaissez le combat du groupe MoDem. La grande distribution doit se plier à la loi et à l’esprit de la loi EGALIM. La politique agressive des prix à laquelle se livrent certains grands noms est mortifère pour notre agriculture et nos paysans. Où en sommes-nous M. le Ministre des contrôles prévus et de la possibilité de sanctionner ceux qui ne jouent pas le jeu ?

Enfin, sur le seuil de revente à perte, dont le rehaussement est actif depuis le 1er février, quel premier bilan en tirez-vous, notamment sur une éventuelle hausse des prix à la consommation ?

Je vous remercie. »