Audition de Julien de Normandie, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
Audition de Julien de Normandie, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

Retrouvez ci-dessous le texte de mon intervention : 

Je souhaite avant tout vous remercier Monsieur le ministre pour votre présence cet après-midi, en mon nom et en celui de mon groupe MoDem et Démocrates apparentés, je pense notamment à ma collègue Aude Luquet dont le territoire est particulièrement concerné par le sujet du jour. Merci donc de venir nous apporter des précisions sur la mise en œuvre d’une loi qui est aussi essentielle à notre agriculture qu’elle a été difficile à voter il y a maintenant un peu plus d’un an.

J’aimerais d’abord me réjouir de la route du succès que nous avons empruntée en mettant enfin les moyens nécessaires à la sortie définitive de néonicotinoïdes à l’horizon 2024. Il fallait mettre les moyens et nous l’avons fait puisque l’enveloppe de 7 millions d’euros que nous avons votée a été entièrement mobilisée et que des crédits complémentaires ont été débloqués pour financer de nouveaux projets prometteurs. Quoiqu’il en soit, l’espoir d’une solution viable et utilisable à grande échelle existe bien et c’est une très bonne nouvelle.

Oui c’est une très bonne nouvelle car cette loi, j’avais eu l’occasion de l’exprimer à l’époque, nous ne l’avons pas votée de gaîté de cœur. Ça a été un déchirement pour de nombreux élus, et notamment pour l’ancien Président de l’Agence régionale de biodiversité d’Ile-de-France que je suis, d’accepter le retour des néonicotinoïdes dans nos champs, je ne vais pas le nier. Il le fallait cependant pour notre agriculture et, cela a été rappelé, pour sauver une filière d’excellence française. Comme je le craignais, et même si la dérogation pour l’usage de néonicotinoïdes est très strictement contrôlée et ne concerne que moins de 2% de la surface agricole française, le débat a très rapidement été hystérisé par ceux qui n’ont pas hésité à prendre parfois quelques libertés avec la réalité de ce qui était réellement mis en œuvre pour tenter d’attiser volontairement les peurs.

A ce titre, je regrette d’ailleurs vivement qu’un journal très sérieux ait encore une fois illustré la semaine dernière un article sur le sujet d’une photo représentant un tracteur pulvérisant des pesticides dans un champ, alors même que cette loi concerne uniquement l’enrobage des semences et non la pulvérisation qui reste bien sûr strictement interdite. C’est un exemple parmi d’autres de la manière dont ce sujet, hautement sensible, est parfois traité avec une certaine légèreté, quand ce n’est pas une volonté délibérée de désinformer.

C’est pourquoi l’exercice que nous faisons aujourd’hui me semble essentiel. Je souhaiterais d’ailleurs pour conclure mon propos que nous prenions un peu de hauteur puisque la France n’est pas le seul pays confronté à la jaunisse. On le sait, d’autres pays en Europe ont délivré des dérogations qui ont été évaluées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, laquelle souhaitait vérifier leur conformité au regard de la législation européenne. Je souhaiterais donc savoir, Monsieur le ministre, si vous pouviez nous apporter des précisions sur cette évaluation et sur l’action de la France par rapport à celle de ses voisins.