Lettre d’information du mois de juin
Lettre d’information du mois de juin
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Ce que nous avions prévu s’est malheureusement produit. En mettant la pression sur le gouvernement pour précipiter la tenue de ces élections juste à la sortie de la crise sanitaire, les vieux partis ont obtenu ce qu’ils ont toujours voulu : une participation très faible qui favorise mécaniquement les sortants. La démocratie n’en sort pas grandie… Voici donc quelques chiffres et quelques observations que je souhaite partager avec vous au lendemain de cette élection inédite :
  • 66 % : C’est le niveau record d’abstention relevé pour ces régionales. C’est quasiment inédit sous la Ve République (près de 70 % des électeurs ne s’étaient pas déplacés pour le referendum sur le quinquennat en 2000, les enjeux étaient toutefois bien différents) mais le pire, c’est que c’était annoncé ! En forçant le maintien de ces élections à peine quelques semaines après la fin du confinement, et en empêchant ainsi une longue campagne de terrain indispensable à l’implantation de nouveau acteurs, les vieux partis ont réussi leur pari : maintenir leur baronnies locales pour mieux revendiquer une victoire en trompe-l’œil. Certains ne s’en cachent d’ailleurs même pas, à l’instar de ce responsable LR qui avouait au soir du 2e tour au média Playbook : « Quand tu as un tel niveau d’abstention, la vérité, c’est que ce sont les clientèles électorales qui font l’élection ». Je ne le dirais pas mieux !
  • 13/13 : C’est la statistique des sortants réélus en métropole ! Statu-quo sur toute la ligne… Si les compositions des Conseil régionaux ont été modifiées à la marge, grâce notamment à l’entrée d’élus de la majorité présidentielle un peu partout, rien ne va changer ! Ceux de droite vont continuer de gouverner à droite en oubliant les autres et ceux de gauche vont continuer de diriger à gauche. Dans leur vision de la politique encore ancrée dans le modèle du siècle dernier, tout le monde sera content, sauf peut-être en réalité l’immense majorité de ceux qui n’ont pas voté pour eux…
  • 3 : C’est le nombre de présidents ou présidente de Région qui abandonnent dès ce jour leurs électeurs pour rentrer en campagne pour la présidentielle. La palme revient à Xavier Bertrand qui a annoncé dimanche dès 20h05 que le costume de président de Région était déjà trop étroit pour lui. Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez ont pour leur part indiqué être encore dans le temps de la réflexion mais ne vous faites pas d’illusion, leur campagne pour briguer l’investiture LR pour la présidentielle a déjà commencé ! Comble de l’ironie, vous verrez qu’ils seront les premiers à venir dénoncer l’abstention dans 6 ans.
  • 50 % : C’est le taux de confiance de l’opinion envers le président de la République, en hausse de 2 points en juin alors même que l’étude a été menée entre les deux tours des élections régionales et départementales (source ici). Ce score, que les prédécesseurs d’Emmanuel Macron regardent avec jalousie à ce stade du mandat et après les crises que nous avons connues, prouve une chose : malheur à ceux qui tireront des conclusions nationales de ces scrutins locaux. Le triomphalisme de certains sur les plateaux dimanche soir, notamment chez LR, parait au mieux déplacé, au pire carrément indécent face au chiffre de l’abstention. Comment peut-on se réjouir d’une victoire aussi étriquée ?
  • 0 : c’est le nombre d’élus RN ou LFI qui accèdent au pouvoir dans les Régions de France, et c’est la seule vraie satisfaction de ces élections. En PACA, l’alliance large autour de Renaud Muselier dès le premier tour a réussi à faire barrage à un RN pourtant donné vainqueur et partout ailleurs, les scores des extrémistes ont été beaucoup plus bas que prévu. S’il est bien sûr, comme je l’ai dit, impossible de tirer des conclusions nationales de ce scrutin, cela montre néanmoins que la montée des extrêmes n’est pas inéluctable.
D’un point de vue strictement personnel, c’est bien sûr avec regret que je quitte le Conseil régional d’Ile-de-France mais avec la fierté du devoir accompli. Fierté d’avoir était à la présidence de Natureparif et d’en avoir fait la première Agence régionale de la biodiversité alors même qu’on me demandait en 2015 de museler cette organe un peu trop écolo au goût de la nouvelle présidente. Fierté d’être resté cohérent avec mes engagements et de ne pas avoir trahi mes idéaux pour une indemnité. Fierté enfin d’avoir été aux côtés de Laurent Saint-Martin au cours de cette campagne et d’avoir permis l’arrivée au Conseil régional d’élus de la majorité présidentielle qui ne manqueront pas de porter la parole pragmatique et équilibrée dont nous avons besoin !

Prenez soin de vous.