PRèS DE 70% D’ABSTENTION EN ÎLE-DE-FRANCE
PRèS DE 70% D’ABSTENTION EN ÎLE-DE-FRANCE
PRES DE 70% D’ABSTENTION EN ÎLE-DE-FRANCE
Ce résultat du 1er tour des élections régionales ne peut être satisfaisant pour personne. Avec un taux d’abstention national dépassant les 65%, il envoie le signal clair d’une désaffection grandissante des citoyens à l’égard des politiques menées localement. Nous ne parlons plus aux Français, alors ils nous laissent dans notre entre-soi. Il n’est qu’à voir le temps passé sur les plateaux à parler de stratégie de 2e tour, voire de stratégie présidentielle pour certains, plutôt que de programme.
J’ai été effaré de voir les différents responsables politiques régionaux arrivés en tête de ce premier tour se satisfaire de cette victoire à la Pyrrhus. Comme si le message envoyé par nos concitoyens n’avait aucune importance, aucune valeur. Incapables de se remettre en question, incapables de voir que ce qu’attendent les Français, c’est que l’on change concrètement leur quotidien. Cette défaite générale, chacun doit l’assumer, y compris les sortants qui, malgré des scores confortables, devraient avoir le triomphe modeste ce matin. Beaucoup d’entre eux, dévorés qu’ils étaient par leur ambition nationale, ont été incapables d’incarner cette gouvernance locale, de proximité, du quotidien, auprès des leurs administrés qui n’ont même pas daigné se rendre aux urnes. Malheur à ceux d’ailleurs qui tireront des conclusions nationales de ce scrutin. Ce n’est pas le vote populaire qui s’est exprimé hier, à peine celui d’une part minoritaire fortement politisée de la société française, j’allais dire de militants…
Une abstention prévisible
Et cela était malheureusement prévisible. Tous les partis politiques, hormis le Modem, avaient plébiscité ce double scrutin fin juin. Nous avions pourtant alerté tout le monde. Nous avions dit que nos concitoyens auraient la tête à bien autre chose qu’à des élections locales, même si elles sont d’une importance capitale. Nous avions proposé de les reporter à l’automne, pour laisser à chacun le temps de profiter de sa liberté retrouvée avant de se plonger dans la campagne à la rentrée. Nous avions même construit une autre alternative visant à décorréler régionales et départementales pour respecter le temps démocratique. Les départementales en juin (2 mois après la fin théorique du mandat), les régionales fin septembre ou début octobre (2 mois avant la fin théorique du mandat).
Las, rien n’y a fait : la droite comme la gauche s’y sont opposées avec force, hurlant à la tactique politicienne et au déni de démocratie, alors même que le mandat actuel des conseillers régionaux, élus en décembre 2015, n’arrivera à son terme de 6 ans qu’en décembre prochain… De tactique il en a sans doute été question, mais plutôt du côté des vieux partis qui savaient très bien qu’une campagne éclair avec une abstention record favoriserait les sortants alors même que les enjeux locaux nécessitent du travail de terrain et donc du temps, a fortiori pour les nouveaux arrivants qui ne disposent pas des mêmes armes… C’est bien ce qu’il s’est passé. Le RN, lui, avait aussi parié sur une forte abstention qui devait conduire à des scores hauts, son électorat étant habituellement particulièrement mobilisé, il a perdu son pari. C’est l’un des seuls motifs de satisfaction de cette soirée électorale, avec bien sûr le score famélique des listes insoumises, preuve que les élucubrations de M. Mélenchon n’amusent plus personne.
Et maintenant…
Que va-t-il se passer maintenant ? Il est quasiment acquis que la grande majorité des sortants vont être reconduits et que l’on va se retrouver dans des schémas classiques, la droite gouvernant pour ses électeurs de droite uniquement et la gauche en faisant de même pour ses électeurs de gauche, sans volonté de dégager des consensus, de gouverner ensemble pour l’intérêt général. Sachez-le, électeur de droite ou du centre en Occitanie, votre région va très probablement vous oublier pendant les 6 prochaines années, comme l’Auvergne-Rhône-Alpes oubliera ses électeurs de gauche. Au-delà des larmes de crocodiles versées sur les plateaux devant les résultats de l’abstention le soir de l’élection, chacun reprendra sa pratique clanique, pour ne pas dire clientéliste, habituelle… A peut-être une exception près, trois régions ne devraient plus avoir de président pendant les prochains mois puisque ces derniers seront trop occupés à ferrailler pour savoir lequel se présentera à la présidentielle en 2022. Vous verrez, ce seront les mêmes qui prendront un air grave le soir des prochaines élections régionales pour dénoncer l’abstention…
Laurent Saint-Martin, le seul candidat qui propose une gouvernance utile à tous
Il existe cependant un moyen d’échapper à ce triste constat en Ile-de-France puisque Laurent Saint-Martin est le seul des candidats encore en lice à proposer une gouvernance ouverte et utile à tous. Non seulement il souhaite gouverner loin des carcans idéologiques dans lesquels sont enfermés les responsables de droite et de gauche, mais il va encore plus loin en proposant d’ouvrir son exécutif à l’opposition, pas pour débaucher des ambitieux, mais pour rechercher des consensus localement, là où la politique se doit d’être avant tout pragmatique et au plus près du terrain.
Ce pragmatisme, il passe par une meilleure sécurisation des transports que refuse de faire la gauche par idéologie, il passe par un doublement du financement de logements sociaux que refuse de faire la droite par principe, il passe par une nouvelle méthode de rénovation des lycées visant à cibler avant tout les plus délabrés plutôt que de « phaser » les travaux un peu partout, il passe par un meilleur accompagnement des agriculteurs plutôt que la méthode actuelle visant à se défausser sur les chambres d’agriculture pour les questions problématiques, il passe par une action volontaire afin d’aller chercher les fonds européens auxquels nous avons droit, il passe par l’instauration d’un partenariat efficace et constructif avec les autres collectivités plutôt que les guerres d’égo et les chantages aux subventions que nous connaissons. Autant de nouvelles façons de travailler qui permettront un peu plus à chacun de s’identifier à sa région et qui, espérons-le, donneront au plus grand nombre l’envie de retourner voter la prochaine fois.